Article de Fans

¤ Un Interview à Baltard ¤

La semaine dernière, t'as poussé un gros ouf de soulagement à l'énoncé de ton nom, alors que d'habitude tu étais hyper calme, totalement maître de tes émotions.
Steeve : jeudi dernier, ça a été une journée de merde. Vraiment la sale journée, où tu n'as rien qui va. Les répets s'étaient mal passées, j'avais du mal à apprendre les chansons, et j'étais sûr et certain d'être éliminé. Normalement, c'est vrai je ne me manifeste pas. Mais là, j'étais vraiment sûr de partir, j'avais trop galéré toute la journée, et j'avais zéro confiance. Alors quand j'ai entendu mon nom, ouais, j'ai soufflé. On était plus que trois, et j'avais vraiment envie d'aller en finale !
D'habitude, sur les autres primes, tu étais sûr de rester ?
Steeve : Non, pas du tout. J'ai toujours pensé que j'allais dégager. Je n'ai jamais eu aucune certitude. Mais vraiment, sur la demi-finale, j'avais que des incertitudes.
Tu n'as pas l'air de beaucoup aimer ce moment où on annonce le vaincu de la soirée.
Steeve : Je déteste ce moment, c'est clair. On est tous là comme des pantins. Je déteste la télé-réalité et le côté : "Ouahhhhhh, t'es éliminé, j'ai vachement de peine pour toi !" alors qu'ils n'en ont rien à foutre (et même pire, ils sont trop contents que cela ne soit pas tombé sur eux). Moi, je veux être honnete, et je ne fais jamais semblant d'avoir de la peine. Quand j'entends mon nom, je peux t'assurer que je suis hyper content. Mais pas la peine de hurler ou sauter en l'air, ce n'est pas de la musique.
Tu parais parfois un peu gêné par la ferveur de tes fans. Je me trompe ?
Steeve : (Il réfléchit) Hum... Ca dépend, en fait. Moi, tu sais, je suis dans ma bulle, et je ne me rends pas compte de grand chose, mais c'est vrai que ces derniers temps, il m'est arrivé des trucs un peu hallucinants. L'autre fois, par exemple, je suis sur les Champs-Elysées, je veux retirer de l'argent à un distributeur. Ben ouais, ce sont des choses qui arrivent. Et je me retrouve avec un gonz qui me demande un autographe, puis un deuxième... puis après, ça vient de partout, et y avait au moins 200 personnes. La, ça devenait vraiment chaud, limite l'émeute. Je me barre en courant et rentre dans un magasin. Je me dis "ouf, je suis sauvé". Et là, j'ai les vendeuses du magasin qui me disent : "Ah, salut Steeve".
T'as pas l'air de te rendre compte que tu es devenu un phénomène, et que tu es très, très connu !
Steeve : Non, comme je t'ai dit, je suis dans ma bulle depuis trois mois. C'est dur de réaliser. Et en plus, je vais pas faire le faux-cul. Quand je vais au Mac Do ou que je me ballade, et qu'on me dit : "Salut Steeve", je suis hyper content ! J'ai toujours voulu ça... En plus, c'est rare que les mecs qui m'apprécient fassent n'importe quoi avec moi. Dans l'ensemble, ils sont vraiment très respectueux.
Tu veux dire qu'ils te foutent pas des bonnes grosses claques dans le dos en hurlant : "Salut, mon gars !"
Steeve : (Il sourit) Ouais, ça n'arrive pas ça. Mais j'ai quand même eu des cas. Surtout des fans qui m'attendent la nuit devant l'hôtel. Je leur ai dit d'aller dormir, mais certains sont restés. Le pire, ça a été ceux qui sont arrivés à trouver mon numéro. Je me faisais appeler à 2h du matin dans ma chambre. On a du couper le téléphone...
Ils te disaient quoi à 2 heures du matin ?
Steeve : Y avait de tout. Y en a une qui me hurlait dans les oreilles : "Steeve, je t'aime, je suis ta plus grande fan ! Attends, j'te passe mon mec". Ou une autre, un jour, il appelle et me dit : "S'il te plait Steeve, tu peux me passer Charles ?". P'tin, j'ai halluciné. Ouais, bien sûr genre je dors avec Charles et on s'enfile !!! (J'explose de rire)
Et le regard des gens qui te connaissaient, il a changé ?
Steeve : Ceux qui m'aimaient, ils m'aiment toujours pareil. Ils sont juste super heureux pour moi. Ceux qui m'aimaient pas, c'est vrai qu'ils me demandent de temps en temps des autographes. Je signe, pas de blème. Mais j'oublie pas.
Bon, parlons un peu de ton album. T'as pas peur que les fans de pop rock soient un peu surpris si ton prochain album est trop metal ? Ou à l'inverse que le public heavy-metal te boude maintenant que t'as chanté des tubes de Berger ou Halliday ?
Steeve : Moi, je vais faire mon truc. Ce que j'aime, et basta. J'ai toujours aimé être dans plusieurs registres. Il y a de la très bonne variété et du rock de merde. J'espère que mon album sera sincère, qu'il y aura des bons morceaux. Si j'arrive à ça, c'est déjà la fête.
Es-tu content des propositions de BMG en matière d'album ? Peux tu nous en dire plus ?
Steeve : ouais, je suis hyper content. Ils ont reçu entre 900 et 1000 compos. Et dedans, y a des super trucs, surtout une qui est vraiment géniale que j'ai déjà choisie, et qui sera sur mon album. Et puis, y aura au moins deux compos de moi. Je suis super content, ouais. Je vais chanter des chansons que j'aime.
On beaucoup entendu parler de tes talents de batteur et de guitariste, mais pour l'instant, on ne connait vraiment que tes qualités de chanteur et d'interprétation. Le chant, ça représente quoi pour toi ?
Steeve : J'ai toujours adoré chanter. Depuis que je suis mome. Mais j'étais vachement timide quand j'étais petit, j'avais un peu tendance à me cacher. Alors, j'ai préféré apprendre à jouer des instruments avant de chanter.
D'où te vient cette voix éraillée ? La clope ?
Steeve : Un peu, ouais. Mais c'est surtout à force d'avoir hurlé depuis quinze ans, ça me l'a bien cassée comme il faut. Je l'ai travaillé aussi, parce qu'avant j'avais une voix un peu fluette. Maintenant, même quand je parle, j'ai l'impression que ma voix a changé.
Steeve, t'as 31 ans. Et t'as salement galéré avant d'obtenir ta chance. Est-ce que tes parents t'ont un jour dit qu'il était temps que tu gagnes ta vie ?
Steeve : Non, jamais. Mes grands-parents, ouais. Ils étaient un peu inquiets. Mais mes parents, non. Ils m'ont toujours encouragé à faire ce que j'aimais.
(je lui glisse que je connais un peu ses parents, ses grand-parents et ses frères, et qu'il a la chance d'avoir une famille formidable. Il sourit. Vous savez, ce sourire qui fait s'envoler les filles Wink)
Steeve, je n'arrive toujours pas à comprendre qu'un producteur ou un manager ne t'ait pas remarqué avant la NS ?
Steeve : c'est pas tout à fait vrai. J'ai plusieurs fois été remarqué. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'y ai toujours cru. Y a eu des managers, des maisons de disque, des groupes. Mais ils voulaient toujours me changer. Me faire chanter de la variété de naze. J'avais même intégré un groupe prometteur. J'étais devenu leur chanteur après avoir été auditionné. Mais ça m'a vite saoulé, c'était tous des fayots. Quant à la maison de disque, ils voulaient me faire chanter de la daube, et même changer mon nom. Moi, j'adore mon nom, alors j'ai dit non, et je me suis barré. Paradoxalement, je n'ai jamais été aussi libre que depuis que je fais la Nouvelle Star.
Ton nom, il vient d'où ? De l'Est, non ?
Steeve : Ouais, de Russie.
Pour revenir sur ceux qui t'ont rejeté, qu'est-ce que t'as pensé des producteurs de l'émission de Paris-Première ? Nous, on a t'a trouvé enorme. Tu les a laissés parler, tu t'es bafré et t'as chanté !
Steeve : (il rit) ouais, quand je suis arrivé, j'ai serré la main à Pascal Nègre. Il m'a à peine calculé. Je me suis dit : bon, je m'asseois, je ferme ma gueule et je chante quand on me le demande. Mais j'étais très content des remarques des critiques rock.
T'as fait le signe de croix en arrivant. C'est pas très rock'n roll, didon.
Steeve : Y avait une caméra dans l'ascenceur, c'était pour faire le con. Est-ce qu'ils m'ont filmé quand je fais des grimaces horribles à la caméra ?
(Je lui dis que non, mais je n'en suis plus très sûr...)
Et quand Nègre te dit : "Ne hurle pas, chante !", tu penses à quoi ?
Steeve : A rien. Je m'en tape. Le mec, il pense et dit ce qu'il veut...
Steeve, qu'est-ce que tu fais ce soir si tu gagnes ? Et même si tu perds d'ailleurs ?
Steeve : on est censé aller au Man Ray. Mais ça me gonfle. Je déteste les boîtes branchées. Je vais essayer de m'échapper, même si je dois rentrer en taxi !
Si tu gagnes, ton single sera très vite dans les bacs. C'est toi qui a choisi "Le Sud" ?
Steeve : Oui. J'ai vu que ça avait plu à beaucoup de monde. Et puis j'aime bien Nino Ferrer. C'est un mec qui était droit, et torturé. Il s'est suicidé d'ailleurs. Et c'est con, mais ça a joué dans mon choix.
(Papy lui dit que tout le plateau avait été scotché quand Steeve avait chanté pour la première fois "Le Sud" en répet'. "En temps normal, tous les mecs, à la prod ou à la technique, ils sont blasés. Au mieux, t'as le droit à des applaudissement polis, et là, t'avais 40 personnes qui t'applaudissaient debout. Je n'avais jamais vu ça...")
Bon, le marathon se termine ce soir. T'as pas peur du retour à la réalité ?
Steeve : si, je flippe. J'ai été dans un cocon pendant trois mois. Je n'ai pas eu une minute à moi, ça risque d'être un peu difficile, la retombée.
Bon, pas trop d'alcool et de drogue, hein !
Steeve : Ouais, j'vais faire gaffe (grand sourire) ! Mais, bon, y a l'album qui arrive très vite. Va y avoir du boulot. Et je vais pas avoir trop le temps de me poser cent mille questions.
Bon, on va bientôt te laisser tranquille, Steeve. Avant de te quitter, et même si on ne s'inquiète pas trop, on voudrait te dire : "Surtout, change pas !"
Steeve : Je changerai pas, c'est pas possible. Le truc auquel je pense tout le temps, c'est qu'on va tous mourir. Et ça me fait vachement flipper. Les seuls moments où je n'y pense pas du tout, c'est quand je chante. Quand tu sais que tu vas crever, tu ne peux pas te la jouer. Ne vous inquiétez pas, je ne changerai pas.
( Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy)
Dis, t'as eu l'occasion de jeter un coup d'oeil sur steeve-rock.com ?
Steeve : non, mais mon père m'en a parlé. Je n'ai pas eu le temps d'aller voir, mais dès que je rentre, je passe vous faire coucou, c'est promis.
Et le carnet qu'on ta remis, tu l'as lu ?
Steeve : ouais, je l'ai à l'hôtel. Je le lis souvent : c'est vraiment super ce que vous avez fait.
Bon, on t'a assez dérangé comme ça. N'oublie pas de prendre tes Advil, et va manger...
(je me découvre un côté mère-poule !)
Steeve : ouais, j'ai jamais faim le jour des primes, mais faudrait que j'aille grignoter un truc.
(Il ramasse ses affaires, dont sa guitare qui n'est jamais à plus de deux mètres de lui).
On va avoir la chance de te voir avec la guitare, ce soir ?
Steeve : Non, c'est interdit par le réglement. Sinon, ça désavantagerait ceux qui ne savent pas jouer d'un instrument.
Ca ne te manque pas trop ?
Steeve : si, il me manque vraiment quelque chose. C'est comme une partie de mon corps.
Bah, même sans ta guitare, tu occupes très bien l'espace.
Steeve : ouais, j'essaie. Mais c'est pas pareil...
(on descend vers le réfectoire. Steeve a oublié son ticket jaune qui lui donne accès à la mangeaille. Le contrôleur lui dit en souriant : "Bah, tu peux rentrer. De toutes façons, je ne t'ai jamais vu avec ton ticket !")

En conclusion, Steeve m'a semblé décontracté et apaisé, tout au long de l'entretien. On sentait qu'il était heureux d'être en finale, heureux d'être là. Et libre, vachement libre. Steve, c'est mieux que Diego : carrément libre dans sa tête !

Par Ari & Papy, deux Steeve-Rocker.

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